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vendredi, 13 juillet 2007

Vagabondage(s) - deuxième série

L'an dernier, jour pour jour, je vous annonçais, chers lecteurs, dans un billet justement célèbre, mes vagabondages pour le mois à venir.

Cette année, rebelote ! A partir de demain 14 juillet et jusqu'au 15 août inclus, plus de billet (sauf événement d'une telle importance que j'en éprouverais l'ardente obligation...). Et, pour répondre à votre curiosité à la fois muette et tellement audible, je vous informe que j'irai sucessivement traîner mes guêtres ici :

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avec petit détour par :

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puis j'irai découvrir cette ville :

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pour finir en beauté (et sans doute en tranquillité) dans un cottage planté quelque part dans ce paysage :

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Bonnes vacances à toutes et tous, que vous partiez ou non. A bientôt !

lundi, 09 juillet 2007

Hérault

Transplantés dans le Sud, les gens du Nord (ceux-là mêmes qui, d'après les vers immortels d'Enrico Macias, "ont dans les yeux le bleu qui manque à leur décor" et "dans le coeur le soleil qu'ils n'ont pas dehors", phrases dont l'actualité se vérifie chaque jour en cet été 2007...) s'acculturent si vite qu'en peu d'années on pourrait les prendre pour des natifs des ces bords méditerranéens qui ont plus de soleil encore que ce blog n'a de lecteurs fidèles, ce qui n'est pas peu dire !

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Ainsi de mon ami P***, lequel, quoique natif des rives de la Seine, ma parait chaque fois que je le vois plus méridional encore que la fois précédente, et dans l'attitude, et dans le rythme, et dans les mots : un miracle qui me subjugue à chaque visite et me fait chaque fois sentir combien je suis, moi, parisien (cette impatience au restaurant...).

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Comme chaque fois, il nous accueillit ce week-end avec des honneurs dont Louis XIV n'aurait pas rêvé, le tout sous un soleil si chaud, si rond, si doré, que mes sens embrumés ont pu vérifier que cet astre merveilleux existe toujours dans l'univers... Un soleil qui fait mûrir les raisins, réchauffer les piscines et oblige à se réfugier sous de vastes parasols pour y dévorer les croissants du petit déjeuner !

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Béziers, sur sa colline, contemplait placidement le spectacle de deux Parisiens en goguette, errant dans ses ruelles, admirant sa cathédrale-forteresse, sirotant des orangeades sous les platanes puis s'en retournant, trottinant, sur les chemins des vignes, par le canal du Midi.

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Le lendemain, ce fut au tour de Pézenas de voir passer cette troupe pittoresque, dont un des membres, mû par une lubie consternante, était à la recherche d'un saladier avec autant de frénésie qu'un naufragé est à la recherche d'une gorgée d'eau fraîche. Il dénicha son bonheur puis se tint à peu près tranquille...

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Enfin, l'abbaye des vignes, abbaye de Valmagne, accueillit les voyageurs et leur offrit le réconfort du murmure de sa fontaine-lavabo, la véritable merveille du monde, digne de rivaliser avec celle de l'alhambra, au point que j'ai décidé d'être, dans ma prochaine vie, ce chat endormi à son murmure, et y rêvant...

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On aurait garde d'oublier - que l'on garde pour la fin, afin de s'y attarder un instant - la soirée du samedi, passée à Vias, célèbre pour ses campings dont la vastitude n'a d'égale que l'européanité. La véritable capitale de notre continent, c'est bien à Vias, et pas à Bruxelles : tous les peuples d'Europe ici se côtoient en été, mêlant leurs caravanes et leurs tentes...

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Or, juste à côté, en bord de mer, figurez-vous que de valeureux jeunes gens tiennent cet été une paillote des plus remarquables dont le nom, bien qu'en langue locale, est facile à mémoriser : The Beach... Imaginez : la mer battant la terrasse en caillebotis, le vent tiède jouant sous les parasols, vous dégustez du thon à la plancha (le meilleur de ma vie, et je n'exagère pas !), des gambas grillées, des tapas exquis, le tout en sirotant un vin rosé à se lécher les babines pendant toute la nuit. Décidément, il faut aller à Vias. Et à Vias, il faut aller au Beach !

jeudi, 05 juillet 2007

Renoncement

Mes défenses naturelles wagnerophobiques ayant été affaiblies par une récente - et, force m'est de le reconnaître - supportable représentation de Lohengrin, j'avais décidé, ce jeudi soir d'assister de mon salon à la représentation sur Arte, "en léger différé", de La Walkyrie donnée à Aix-en-Provence et retransmise en simultané sur Radio-Classique. Repas léger (il parait logiquement déconseillé de se goinffrer de boeuf mironton avant d'écouter du Wagner), tisane à portée de main, télé allumée, radio branchée... je m'apprêtais à passer une soirée divine.

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Las ! le tout ne fut pas à la hauteur de mes espérances en raison d'un petit problème technique fort agaçant (d'autant plus énervant que personne ne s'en excusa)... Et pourtant, tout aurait pu être magique : orchestre impeccable, contrebasses à fond les manettes, chanteurs bien mis en scène, avec les têtes de leur rôle, j'aurais pu être envoûté.

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Mais dès le premier acte, un léger décalage entre son et image (à peine une demi-mesure) commença de me crisper. Mais lorsque, vers la fin de l'acte, et durant tout le second, le décallage fut tel que l'on voyait les chanteurs remuer leurs lèvres en silence pendant plusieurs syllabes (puis fermer la bouche tandis que leur voix nous parvenait encore, phénomène plus étrange encore), je décrochai, je renonçai.

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Me limitant au son (avec de fugitifs coups d'oeil à l'écran), je m'abîmai, dieu déchu moi-même, dans le repassage, la vaisselle, le ménage, toutes tâches si longtemps différées, et qu'il n'est pas si désagréable qu'on pourrait le penser d'effectuer en wagnerisant...

Evidemment, la veille, ce ne fut pas le même topo à l'opéra Bastille durant Un bal masqué. Et l'on a beau dire, Verdi, ce n'est pas mal du tout (comme dirait je-ne-sais-plus-qui, "c'est pas du Rimski, ni du Korsakov !") : d'abord chez lui pas de dieux bizarres et qui n'existent pas, rien que des gens bien de chez nous, des rois, des reines, des nobles, du peuple et même une sorcière de derrière les fagots. Alors, on passe sur le décor extravagant (blanc et noir, avec des aigles immenses partout), des comploteurs d'opérette (qui n'avaient vraiment pas l'air ni bien courageux ni bien décidés...) et l'on se laisse porter par cette histoire d'amour, d'amitié, de haine, de vengeance, de pardon, de pouvoir... bref, toute la vie en moins de trois heures !

mardi, 03 juillet 2007

Commencements

"Seuls les commencements sont beaux", aurait dit je ne sais pas qui je ne sais pas quand.

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Je pensais à ces merveilleux commencements, il y a quelques jours, en regardant Le monde d'Apu, de Satyajit Ray. Après des démêlés que l'on découvrira, si l'on souhaite, ici, Apu est jeune marié. Mariage imprévu, au dessus de sa condition, mais auquel les deux jeunes époux finissent par se résoudre, lui fièrement (ah ! cette scène où ses voisins découvrent, émerveillés, sa si belle jeune femme...), elle après quelques larmes.

Commencent alors quelques mois que le malheur de la vie viendra vite balayer, les mois du commencement d'un couple. Qui n'a jamais vécu cela ne sait pas ce qu'est le bonheur d'être vivant. Soudain, on se sent libre et heureux comme jamais, avec une plénitude inouie.

Le plus beau est que ce bonheur se peut éprouver plusieurs fois dans une seule existence : chaque commencement est le meilleur et le premier, les autres n'étaient rien, des brouillons... On voudrait tant que le commencement soit le tout, qu'il ne prenne jamais fin et ne se mue jamais en habitude.

Je pensais à cela, je l'ai écrit, en voyant Le monde d'Apu, mais également ce mardi soir en voyant mon fils aîné et sa copine, en leur souhaitant, muet, que leur commencement d'amour dure encore des années, des années, des années.

dimanche, 01 juillet 2007

Sosie

Ce week-end restera sans doute dans ma mémoire comme un des plus importants de mon existence... Qu'on en juge à la lecture de la conversation téléphonique qui se déroula ce samedi vers 16 (seize) heures :

Dring... dring... (sonnerie de téléphone portable)

Moi, décrochant : Allô ?!

Voix de ma fille P*** : Allô Papa ? T'es où ?

Moi : Au Printemps... Pourquoi ?

P***: T'es pas à Deauville ?!

Moi, interloqué : Non, j'en suis sûr !!! Pourquoi cette question bizarre ?

P*** : Parce que devant moi il y a un Monsieur qui te ressemble, c'est incroyable !!!! Même allure, même tête, mêmes gestes...

Moi : Ah, bon ! A ce point là ! Et tu lui as parlé, en croyant que c'était moi ?

P*** : Non, mais je t'appelle pour voir s'il allait décrocher.

Moi : Et il n'a pas décroché ?

P*** : Non...

Moi, vaguement soulagé : Donc, c'est bien la preuve que ce n'est pas moi... Je ne suis pas à Deauville... (Le reste de la conversation est strictement familial).

Donc, il y a quelque part au monde, en France même (du moins ce samedi, à Deauville) un homme (je n'ose imaginer qu'il s'agisse d'une femme !) qui me ressemble assez pour que ma propre fille ait un doute quant à son identité (en effet, il n'y avait aucune raison que je fusse ce samedi à Deauville, bourgade où je n'ai mis les pieds que deux fois dans ma vie, préférant Cabourg). Peut-être (idée terrifiante qui me vient à l'instant), ressemblé-je aussi tant à cet inconnu (les sosies sont réciproques) que sa femme, sa fille, qui sais-je, me voyant, l'ont un jour appelé sur son portable pour vérifier que je n'étais pas lui !!! Pourvu qu'un jour nous ne nous retrouvions pas nez à nez. Pour percer ce mystère, je me suis inscrit ici.

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