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dimanche, 29 avril 2007
Modération

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mercredi, 25 avril 2007
Jeux



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vendredi, 20 avril 2007
Matières
New York est une ville de matières nobles, durables. Fait paradoxal, dans cet univers où tout semble condamné à si peu durer, les modes remplaçant les modes, les étages s'accumulant les uns sur les autres jusqu'à vaincre sans cesse de nouveaux défis, chaque immeuble, dont rien ne permet d'affirmer qu'il sera encore là dans cinquante ans, semble être bâti pour durer, pour toujours.

Ainsi, le regard heurte tantôt les parois épaisses en cette pierre rouge sombre que l'on appelle là-bas brownstone, tantôt des falaises de béton, de granit (les plus remarquables par leur aspect indestructible étant celles du Rockfeller Center), de l'acier le plus implacable. Quant aux ornements, aux portes, ils sont eux-mêmes souvent du bronze le plus épais, visiblement inaliénable, comme insensible aux temps, à la pollution, au climat.
Il y a bien le verre, qui vient ajouter sa touche de fragilité, mais lui-même est le plus souvent cerné de métal, comme pour mieux manifester que cette transparence obligée (il faut bien laisser passer la lumière dans ces forteresses) ne se laissera pas, elle non plus, menacer.
Ainsi New-York, ville déjà ancienne dans laquelle il est possible de se promener durant des heures sans voir un seul édifice bâti il y a plus d'un siècle (je pense par exemple à la merveilleuse 32nd street), parait presque antique, primitive dans ses formes comme ses matières, à la manière d'une Babylone réinventée, et l'Empire State Building lui-même, avec ses murailles qui montent à l'assaut du ciel a, de décrochement en décrochement, à mesure qu'il s'élève une étrange allure de colossale ziggourat.

Nous savons bien, depuis un certain 11 septembre, ce que cette solidité recèle en fait de vulnérabilité, et, au delà des morts eux-mêmes, on comprend que la destruction de deux tours ait été, pour les Américains et les New-Yorkais, un sacrilège inoui.
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jeudi, 19 avril 2007
Récapitulons...
Récapitulons. A New-York, je m'étais fixé 10 objectifs. Les ai-je tous remplis ?
- m'éloigner de la frénésie électorale française et arrêter mon choix : fait. Ma décision est maintenant définitive et tout ce que j'ai pu lire, là-bas, m'y a conforté.
- aller écouter je ne sais plus quel concert au Lincoln Center : fait. Certes, le concert dut loin d'être mémorable, avec deux oeuvres de Sibélius jouées comme de puissants anesthésiques, après un concerto pour violon de Chostakovitch que j'ai trouvé plus réussi (peut-être tout simplement parce qu'il était plus tonique...). Mais qu'importe ! Au fond, j'étais au Lincoln Center, pour... être au Lincoln Center, le voir, y "sentir" le public (d'une impolitesse rare ce soir-là, toussant et crachotant, avec une vigueur, et partant sans quasiment applaudir à l'entracte et à la fin !!!).
- voir l'Empire State Building et le gravir : fait, après deux heures d'attente, certes, mais par la plus belle des journées du séjour (j'y reviendrai).
- comparer Huet et Fragonard : fait. Et je dois avouer que, tout en n'ayant guère d'appétence ni pour le style ni pour les thèmes fragonardiens, la qualité technique, le délicatesse de ses panneaux m'ont sinon plu, du moins intéressé. Force est de reconnaître que le salon dans lequel ces panneaux sont installés est en soi un pur chef d'oeuvre, avec l'inimitable parfum du pays natal, comme un morceau de France au coeur de Manhattan.

- retrouver les lieux photographiés par Berenice Abott : fait. Je pourrais citer mille points de vue qu'à mon tour, avec mes modestes moyens et mon pauvre coup d'oeil, j'ai tenté de photographier, tant d'années après la grande Berenice. Gloire à elle ! Au milieu des immeuble contemporains, dans la foule d'aujourd'hui, mon oeil traquait toujours et partout le détail ancien, l'îlot échappé à la marée montante des années, parfois, il m'a paru le découvrir, sur une façade, un fragment de rue échappé aux promoteurs, une échoppe encore debout, et chaque fois je retrouvais mon New York idéal et rêvé, durant tant d'années recréé par mon imagination.

- voir les écureuils de Central park : fait, refait et archi fait.
- faire le tour de la statue de la Liberté en ferry : quasi fait. Même si ce ne fut pas un tour au sens strict du terme, j'ai frôlé en ferry la statue.
- voir le flatiron building : fait, et avec exactement le contentement que j'imaginais, l'inexprimable et inexplicable poésie.
Mais cette liste ne serait pas complète si j'omettais :

- de me réjouir d'avoir pu survivre à la "deuxième journée la plus pluvieuse dans l'histoire de New-York" (on parle de dix-huit à vingt centimètres d'eau tombée en vingt-quatre heures), merveilleuse occasion de visiter des musées ou de prendre son temps dans de délicieux cafés, chauds et secs comme des boîtes, et dans lesquels, trempés jusqu'aux os, il était si agréable d'entrer et de commander un goûter.

- de saluer et remercier ici la gentillesse et la disponibilité du New-yorkais qui a pris sur son temps pour, autour d'un café, d'un repas, d'un dessert, nous égayer de sa conversation si délicieuse et vive, pleine d'anecdotes croquantes et d'analyses pertinentes, et dont le souvenir restera - j'en suis sûr - à jamais attaché en moi au souvenir de ce séjour.
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vendredi, 06 avril 2007
Faire
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jeudi, 05 avril 2007
Apocalypse
Mercredi soir, au théâtre des Champs Elysées, Jordi Savall (qui salue sans sourire avec la noblesse d'un personnage du Greco) et son Concert des Nations nous régalaient d'un programme de suites (Lully, Haendel, Marais et Rameau). Outre qu'il était intéressant de comparer la manière dont le Jordi mène cette musique, et notamment Rameau (avec une suite tirée des Boréades) avec la Sir John Eliott's touch (pour résumer, je dirais que le son chez l'Anglais est plus ouaté, moins âpre que chez le Catalan), je me suis plu à constater que j'aime de plus en plus (à moins que ce ne soit de mieux en mieux) cette musique. Il faut dire que ma lente lecture du Vicomte de Bragelonne me fait vivre depuis trois semaines en 1661 et que tout ce qui, peu ou prou, me rapproche de cette époque (visite de château, musique ou arts déco) me comble instantanément d'aise...

Ce que j'en goûte, c'est finalement la simplicité, la sorte de rusticité sans chichis, c'est à dire exactement le contraire du maniérisme gnan-gnan qui m'exaspère de plus en plus ! Certes, Rameau, homme de son temps, n'est parfois pas très éloigné des travers du 18ème (siècle) mais, grâce au Ciel, il a su ne pas être à la musique ce que Greuze - et dans une certaine mesure Fragonard - fut à la peinture. Quant aux trois autres, ils semblent se tenir constamment sur le rebord du monde et leur musique nous parle sans entrer trop dans les passions humaines. Elle nous élève et ne se complait pas. Bref, cette musique parle à des Hommes bien humains et pourtant déjà - ou encore - plus naturels, plus simples et plus vrais.

Dès lors, ses infinies nuances, ses variations subtiles de ton, ses délicatesses d'ornements peuvent se déployer sans être entravées par un excès de sentiment(alisme) et d'égocentrisme. La musique du 17ème ne s'écoute pas elle-même et c'est ce qui me la rend éminemment aimable.

Peu avant ce concert, j'avais lu un article terrifiant et, au sens propre, apocalyptique, sur ce qui attend le monde et l'humanité si, comme cela est malheureusement probable, la température moyenne du globe augmente encore de 2°C. Autant dire que l'on se prépare tous une vieillesse tragique et suante et que nous successeurs peuvent déjà se préparer à souffrir ! Les pensées encore toutes pleines de ces prédictions affolantes, j'écoutais hier soir le Concert des Nations. Il me semblait être sur un somptueux bateau qui sombre. Dans un décor de velours et d'or, nous écoutions ces sublimités tandis que notre paquebot s'enfonce dans la mort... A un certain moment, abîmé dans ces pensées à la fois douloureuses et délicieuses, j'ai espéré mourir en écoutant, immobile et serein, telle suite de Marin Marais.
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mardi, 03 avril 2007
New-York, New-York...
Dans une semaine exactement, je serai à New-York. Non pour rechercher un quelconque et improbable éboueur (encore que, si l'occasion se présente...), mais tout simplement pour :
1 - m'éloigner de la frénésie électorale française et, dans le secret de ma conscience, arrêter définitivement mon choix ;
2 - aller écouter je-ne-sais-plus quel concert au Lincoln center le mercredi 11 avril au soir (billets déjà réservés) ;
3 - voir l'Empire State Building et le gravir afin, du sommet, de tester les jumelles que je me suis récemment offertes ;
4 - comparer les panneaux de Jean-Baptiste Huet (Musée Nissim de Camondo, à Paris)
et ceux de Fragonard (Frick Collection)![]()
sur le même thème (en fait, il va de soi que je me fiche complètement de comparer ces tableaux tartignols, mais je voulais faire montre, ici, d'une certaine érudition susceptible, espérais-je, d'épater la galerie...) ;
5 - retrouver les lieux photographiés il y a 70 ans par Berenice Abott et les comparer à ce qu'ils sont devenus ;
6 - voir les écureuils de Central park ;
7 - faire le tour de la statue de la Liberté en ferry ;
8 - voir l'Iron flat building ;

9 - comparer l'accent new-yorkais à l'accent australien ;
10 - rapporter des tee-shirts estampillés N-Y à mes enfants.
Si l'un(e) de mes fidèles lecteurs est sur les lieux à la même période, je suis disponible pour partager un verre en fin d'après-midi. Réponse publique en commentaire de ce billet ou discrète sur wamateurw@yahoo.fr
lundi, 02 avril 2007
Doute
Depuis que dimanche soir j'ai vu "J'attends quelqu'un", le troisième et, pour le moment, dernier film de Jérôme Bonnell, je m'arrive pas à me décider : ce film m'a-t-il plu ou m'a-t-il agacé ? C'est selon...

Pour : les comédiens, d'abord, tous excellents et terriblement vrais (les dialogues sont exactement ceux que l'on dit, les attitudes mêmes, exactement celles que l'on prend...), avec une mention spéciale ex aequo pour Emmanuelle Devos et Jean-Pierre Darroussin ; le ton, intimiste, réaliste, qui nous conte la vie telle qu'elle est, sans ses extravagences d'autres films où les personnages ont un niveau de vie à l'évidence supérieur à leur condition sociale réelle ; l'intemporalité et l'absence de localisation (cette ville anonyme de province ressemble à celle d'Adrienne Mesurat) ; le titre : nous attend(i)ons tous quelqu'un, le jour où ce quelqu'un paraît, c'est le soleil qui se lève enfin.

Contre : la vacuité du tout : où Jérôme Bonnell nous emmène-t-il ? Nulle part. Que veut-il nous dire ? Mystère... Que chacun porte en soi un secret, un mystère, une blessure, une douleur, une absence, un deuil, un échec ?... Certes, mais ne le savait-on déjà. Le fait qu'aucun des personnages ne surclasse les autres, ne fasse la moindre tentative pour s'en sortir (l'effet de contraste serait sans doute bienvenu)... Il en résulte que tout est égal dans une médiocrité exaspérante. Réveillez-vous, secouez-vous ! a-t-on envie de leur hurler. Plutôt que de traîner leur misère, leur ennui, les personnages, l'un au moins, pourrait tenter de s'en sortir, prendre un engagement (politique, social, associatif...). On n'est quand même pas obligé, à ce point-là, de ne vivre que pour soi-même et soi seul ! Et le personnage de la femme aux trois chiens... que veut-on, là encore, nous dire ? Je n'aime pas ces mystères entretenus : ce n'est pas à moi d'écrire par l'imagination le scénario.

J'attends quelqu'un qui ait vu ce film et me dise ce qu'il en a pensé.
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Insomnie

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