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samedi, 31 mars 2007

Louise

Au départ, il n'y a qu'une histoire simple, si simple qu'elle peut aujourd'hui nous faire sourire : une jeune fille est amoureuse d'un garçon ; elle est fille d'ouvriers, il est artiste à Montmartre ; ils s'aiment et décident de partir ensemble mais les parents de la jeune fille ne l'entendent pas ainsi ; après bien des hésitations, la jeune fille rejoint son amant, ils vivent ensemble à Montmartre ; mais le père, désespéré de la disparition de sa fille se meurt doucement, et Louise retourne chez ses parents ; le père va mieux, à l'évidence, et veut garder sa fille près de lui ; elle finira par succomber à l'appel de la grande ville et par rejoindre Julien, définitivement (?).
 
En vérité, on aurait bien tort de sourire et de ne voir dans ce récit que l'évocation d'un monde à jamais disparu, d'avant mai 68, d'avant la guerre, d'avant la Libération de la Femme... Je me souviens de ma grand-mère maternelle me racontant à peu près la même histoire, la sienne, à la différence près que son amoureux n'était pas un artiste de Montmartre mais, selon ses propres dire, "un marlou de la rue de Lappe"... profil dont on imagine comme il dut paraître séduisant à la jeune provinciale qu'elle était alors...
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On aurait bien tort de sourire en songeant, aujourd'hui encore, à toutes les jeunes filles, en France et de par le vaste monde, qui ne peuvent se montrer en compagnie du garçon de leur choix de peur des représailles de leur(s) frère(s), de leur père.
 
On aurait grand tort de sourire de cette histoire en apparence si désuète, en songeant que les acquis, si évidents pour nous, de la liberté d'aimer, se heurtent à tant de résistances, et pourraient être remis en question plus rapidement qu'on ne le pense sans doute, en tout cas ne sont en rien irrévocables.
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Louise est une histoire si simple qu'elle en pourrait paraître maladroite. Le cri d'amour des protagonistes pour Paris ; leur aspiration à la Liberté ; les terribles questions du père qui croit aimer sa fille et tout lui donner, le bonheur surtout, alors qu'il ne rêve en fait que de la séquestrer et la rendre à jamais malheureuse ; les classes populaires posées en défenseurs de l'ordre social petit-bourgeois qui les aliène à mesure qu'elles le rallient ; la sourde lutte entre une société bourgeoise et conformiste et les bohèmes ne rêvant que de la combattre alors qu'ils ne sont que son avatar ultime... ces problèmes ne sont en rien dépassés et la Liberté reste un combat dans lequel nous devons tous être assaillants et défenseurs.
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Avec toutes ses dimensions de lecture, sociale, politique et historique ; avec son livret, quoique daté, bien écrit - peut-être un peu trop littéraire mais il est vrai que rien n'est artificiel comme un intellectuel faisant parler le peuple ; avec sa mise en scène hyper réaliste, qui convient bien au ton général de l'ouvrage ; avec ses interprètes somme toute satisfaisants (et l'émotion de voir et d'entendre Jose van Dam qui a l'âge et la voix du rôle...), Louise aurait pu être un spectacle merveilleux s'il n'y avait pas cette partition assez faible, convenue, oscillant entre les leitmotive répétés jusqu'à plus soif, des accompagnements paresseux et des airs tantôt inchantables tantôt inspirés de bluettes presque banales ("Le jour où je me suis donnée..."), le chef d'oeuvre de Charpentier se révèle décevant, et le peu d'applaudissements ce vendredi soir trahissait sans doute la déception d'un public dont la curiosité était loin d'avoir été satisfaite...

vendredi, 30 mars 2007

Opéra

Je relisais Les Caractères et songeais à ce pauvre La Bruyère, qui n'eut jamais le bonheur d'admirer les opéras de Mozart, de Rossini, de Verdi, ignorant du Faust de Gounod, du Carmen de Bizet, du Pelléas de Debussy (tout juste eut-il le bonheur d'échapper à ceux de Wagner), qui jamais ne put se dire, comme je le dis et l'écris aujourd'hui : "Ce soir, je serai à l'Opéra de Paris pour écouter et voir Louise de Charpentier !"... (et dont vous aurez dans les prochains jours un de ces aperçus dont je vous régale dans ce blogue), pauvre La Bruyère donc, privé de toutes les félicités de notre merveilleuse époque, et contraint d'écrire, qui plus est de bonne foi :

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"L'on voit bien que l'Opéra est l'ébauche d'un grand spectacle ; il en donne l'idée.

Je ne sais pas comment l'Opéra, avec une musique si parfaite et une dépense toute royale, a pu réussir à m'ennuyer.

Il y a des endroits dans l'Opéra qui laissent en désirer d'autres; il échappe quelquefois de souhaiter la fin de tout le spectacle : c'est faute de théâtre, d'action, et de choses qui intéressent."

mercredi, 28 mars 2007

Lecture

Depuis quelques semaines, j'ai entrepris la lecture du Vicomte de Bragelonne, troisième et ultime récit de la trilogie des Mousquetaires, d'Alexandre Dumas. Je retrouve le plaisir intense éprouvé, il y a une douzaine d'années, à la lecture des Trois Mousquetaires (je n'ai jamais lu le deuxième opus : Vingt ans après). Ce rythme, quoiqu'un peu ralenti depuis le premier récit (Dumas, comme ses héros, semble un peu alourdi par l'âge...), ce bonheur de vivre et de raconter, cette vivacité joyeuse et grave, ce fond d'histoire vraie sous le placage du roman, cette inventivité, cette vigueur des dialogues et des situations, ces personnages vrais, que l'on a le sentiment de connaître tant ils sont vivants sous nos yeux et dans notre esprit... tout me comble de bonheur et je me hâte chaque soir de me remettre à la lecture.
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"Les malheureux s'attachent aux moindres espérances, comme les heureux aux plus grands bonheurs, et lorsqu'il faut quitter le lieu où cette espérance leur a caressé le coeur, ils éprouvent le mortel regret que ressent le banni lorsqu'il met le pied sur le vaisseau qui doit l'emporter pour l'emmener en exil. C'est apparemment que le coeur déjà blessé tant de fois souffre de la moindre piqûre ; c'est qu'il regarde comme un bien l'absence momentanée du mal, qui n'est seulement que l'absence de la douleur ; c'est qu'enfin dans les plus terribles infortunes, Dieu a jeté l'espérance comme cette goutte d'eau que le mauvais riche en enfer demandait à Lazare."

mardi, 27 mars 2007

Débats

Hier soir au théâtre de la Madeleine pour voir le spectacle couru du Tout Paris : "Débats", interprété par Jacques Weber (alias Valéry Giscard d'Estaing) et Jean-François Balmer (François Mitterrand), lesquels (ré)interprètent avec talent et bonheur de très larges extraits des deux débats ayant opposé les deux candidats, au second tour des élections présidentielles de 1974 et 1981.

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Ce qui aurait pu s'avérer fastidieux, déconnecté de nos préoccupations de 2007 au point d'en paraître sans intérêt, bref inaudible - ou inécoutable - aujourd'hui, se révèle en réalité, revêtu de la patine du temps, un spectacle plein d'intérêt et riche d'enseignement. D'abord, rendons grâce au talent des deux comédiens qui, sans s'aventurer jamais à imiter les deux protagonistes, les interprètent avec bonheur et justesse, avec ce qu'il faut de malice pour que l'on retrouve fugitivement telle ou telle expression, pose, tel ou tel geste, qui d'emblée permettent d'identifier, en quelque sorte de reconnaître François Mitterrand ou Valéry Giscard d'Estaing.

Une autre chose rend le spectacle fort instructif et équilibré : c'est que chacun a eu son tour, le second débat étant en quelque sorte la revanche du premier. Ainsi, personne n'en sort frustré et, quel que soit par ailleurs le vote que l'on a - ou aurait - exprimé lors de ces deux élections, on sait que, au moins une fois, notre candidat l'a emporté (sauf dans l'hypothèse évidemment malheureuse et sans doute peu fréquente où l'on aurait voté Mitterrand en 1974 et Giscard en 1981 !!!).

Sur le fond, il semble incontestable que le premier débat fut largement dominé par Valéry Giscard d'Estaing, mieux préparé, meilleur débateur, et dont le style oratoire était sans doute mieux adapté à la télévision que celui, plus lyrique, usant de formules plus générales, d'un Mitterrand mieux fait pour les tribunes de vastes réunions publiques. Piégé par son compétiteur l'enfermant dans ses questions à la manière d'un candidat devant son examinateur, François Mitterrand ne sut bizarrement jamais se soustraire à cette emprise dominante et, balloté, flou, incertain, en un mot mal préparé (peut-être parce qu'il comptait trop sur son talent d'improvisateur), il laissa nettement l'ascendant au futur vainqueur qui, dès lors, eut beau jeu de passer pour à la fois plus moderne et plus rassurant.

Le second débat fut nettement plus équilibré, Mitterrand ayant tiré les leçons de l'expérience. Mieux entraîné, s'efforçant d'être plus précis dans ses attaques comme dans ses réponses, il parvint à éviter les pièges assez habiles tendus par Giscard (sans doute toujours plus à l'aise mais handicapé par une pose trop assurée, trop présidentielle, habilement rendue par Jacques Weber). Plus profondément encore, Valéry Giscard d'Estaing, meilleur technicien, assuré d'être né pour régner, n'a pas su démontrer que son second septennat serait fondamentalement différent du premier...

Le miroir de 1974 semble alors s'être retourné : de moderne, Giscard fut soudain revêtu d'une sorte d'ombre du passé et François Mitterrand, si démodé sept ans plus tôt, parvint au miracle d'avoir l'air moderne avec un discours totalement traditionnel, voire désuet (à l'image, soit dit en passant, de son affiche célébrissime de "la Force tranquille"...). Les dés étaient alors jetés et l'on sait comment ils roulèrent.

samedi, 24 mars 2007

Guitare

C'est un Kurt Masur bien digne de pitié qui a dirigé vendredi soir l'Orchestre national de France pour un étrange programme Respighi (Impressions brésiliennes), Carrilho (suite pour guitare à sept cordes et orchestre), Prokofiev (extraits des suites de Roméo et Juliette). Digne de pitié en effet car le vieux chef (il aura quatre-vingts ans cette année) est de plus en plus durement frappé par la maladie de Parkinson et c'est donc les bras terriblement tremblotants (surtout le bras et la main gauches), semblant même à avoir du mal à conserver son équilibre, le geste flou, qu'il a dirigé l'orchestre.
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Peu de choses à dire de la première et de la dernière oeuvres, menées fort correctement, mais avec une telle mesure qu'elles manquaient de la fougue qu'on eût aimé trouver dans les Impressions brésiliennes et du panache tragique que l'on attend pour Roméo et Juliette...
 
Je préfère ici m'arrêter un instant sur la deuxième pièce, la suite de Carrilho interprétée à la guitare par le Brésilien Yamandu Costa qui, chemise flottante et pieds nus dans de fascinants chaussons (de cuir ? brodés ?...), a fait sur le public une impression profonde et méritée. 
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D'où vient l'étrange voix qui résonne en nous à l'audition de la guitare ? Comment cet instrument si fragile et timide peut-il dire autant avec de si modestes moyens ? Sans forcer, d'une douce obstination, comme ne parlant qu'à chacun de nous, seul, à la fois triste, infiniment, et sans résignation malgré tout, la guitare semble une "voix de l'âme" qui nous raconte un éternel et beau récit.
 
Et ce vendredi, Yamandu Costa, en présence et sous le regard tendre du vieux chef, a su nous replonger dans l'indicible nostalgie d'un autrefois rêvé dans un indistinct ailleurs.

jeudi, 22 mars 2007

Nouvelle vie

Aujourd'hui, pour la première fois depuis bien longtemps, j'ai éprouvé le sentiment d'être comme enfermé dans ma vie présente et ressenti le plaisir un peu vain de rêver d'autre chose... Une conversation fortuite a déclenché en moi cette envie, avivée par une journée de bureau un peu vide, un peu fade, un peu longue. J'ai pensé à des villes dans lesquelles je pourrais vivre, où je me verrais bien vivre, quelques années au moins... Londres (décidément, c'est ma semaine anglaise !), Amsterdam, Rome, Lisbonne ont entre autres circulé dans mon imagination.
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Puis le découragement m'a gagné. Toutes hypothèses m'ont paru irréalistes, tous projets impossibles, tous obstacles insurmontables, et je me laissé glisser de nouveau dans la train-train quotidien. J'ai bu un thé, mettant un terme à deux ou trois heures de rêve éveillé.

mercredi, 21 mars 2007

Matières de Londres

Londres de brique, Londres de pierre, Londres de verre et de béton, Londres d'acier... Toutes les Londres me racontent l'épopée d'une ville multiple, ancienne et toujours renaissante, belle et sombre, rayonnante et secrète, de soleil et de suie, d'or et de grisaille, intacte et martyrisée, fière et populaire, aristocratique et néanmoins gouailleuse, Londres du thé et Londres de la bière, Londres conservatrice et Londres d'avant-garde, fascinante, déconcertante, désespérément attachante.

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mardi, 20 mars 2007

Recette

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Prenez une comédie musicale charmante et désuète, narrant les aventures abracadabrantes de deux gondoliers dont on découvre que l'un - mais lequel ? - serait roi d'un pays imaginaire, gondoliers amoureux de deux primprenelles charmantes...

Assaisonnez d'une musique sans prétention, rythmée, endiablée, entrelardée d'airs faciles à chantonner dans sa salle de bains ;

Placez le tout dans un théâtre londonien au décor extravagant et kitschissime, tout en dorures, en péplum, en vélum de plâtre, en statues dorées représentant des lions ou des empereurs romains (veillez à ce que ledit théâtre soit parfaitement restauré, reblanchi redoré, plein à craquer d'un public familial conquis d'avance) ;

Posez sur la scène une troupe de chanteurs et danseurs anglais, fort convenables dans leurs rôles, sans pour autant qu'ils y mettent un génie excessif ;

Décorez de couleurs vives (bleu, rouge, jaune et vert) encore avivées par quelques personnages en noir du plus sinistre et meilleur effet ;

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Relevez d'un livret délirant sans le moindre souci de vraisemblance mais épicé de quelques allusions à la monarchie et à la république ("Quand tout le monde est quelqu'un, plus personne n'est quelque chose..."), parfaitement adapté à un public britannique ;

Mélangez le tout pendant trois heures entrecoupées d'un entracte à mi-cuisson...

... et vous aurez passé la meilleure soirée du monde.

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Un autre, et qui n'a rien d'un gnome rachitique, a assisté, le même jour et par coïncidence, au même spectacle... World is small and life is beautiful...

lundi, 19 mars 2007

Vie antérieure

Dans ma vie actuelle, je suis allé en Angleterre - au Royaume-Uni devrais-je écrire - pour la première fois à l'âge de 16 ans. J'avais réservé une chambre à l'hôtel Crescent, Cartwright gardens. C'est depuis une trentaine d'années dans le même hôtel que je descends, chaque fois que je séjourne à Londres. La moquette épaisse, l'impeccable alignement des façades, l'irréprochable courbure de la rue, tout m'y parle de Londres, de l'immuable Angleterre et d'une vie antérieure et révolue...
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Car dans ma vie antérieure, j'ai dû être anglais, ou même plus sûrement anglaise (en vertu de la Loi des réincarnations qui veut que l'on soit alternativement homme et femme). Cette intuition s'est lentement faite en moi certitude... Plus j'y pense, plus je suis même convaincu avoir vécu cette destinée anglaise grosso modo à cheval sur la fin du dix-neuvième siècle et la première moitié du vingtième. Je sais que j'ai vécu dans le quartier de Bloomsbury et, sans doute, avais-je une petite maison de campagne (ou de famille...) en Cornouailles. J'ai dû faire mon voyage de noces, dans les années vingt, en Ecosse. 
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Je devais aimer me promener, avec mon chien, dans les parcs de Londres, inondés au printemps de jonquilles, ou bien sur la lande de Hampstead, d'où l'on avait encore une si jolie vue sur Londres, vue aujourd'hui dissimulée par les arbres agrandis. Je me souviens de matins frissonnants, de la rosée inondant l'herbe et de la douce brume annonciatrice d'une belle journée, faite de jardinage et de cérémonies du thé, en écoutant sur la BBC le carillon de big Ben égrener les heures, toutes les heures de ma vie antérieure et britannique...
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Sans doute étais-je d'un milieu trop modeste pour fréquenter la high society confite dans ses manoirs, ses palais que je ne visitais qu'en rêve. A Kenwood, j'aimais déjà sentir le crissement des parquets sous les tapis épais lorsque je m'approchais du plus bel autoportrait qui soit au monde, celui d'un Rembrandt dans sa soixantième année.
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A Apsley House, résidence de Wellington, je me postais près de la fenêtre pour sentir le tiède soleil de mars sur ma joue et voir les voitures entrer dans Londres. A Hampton Court, je songeais à mes souverains, à cette longue et belle lignée de souverains britanniques veillant sur moi derrière leurs regards absents, glorieux et impénétrables, absents et toujours obsédant ma vie antérieure et paisible...
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Demain, je vous raconterai l'un de mes plus beaux souvenirs : mes parents nous avaient emmenés, mon frère et moi, un soir au Coliseum, l'un des plus récents théâtres londoniens, assister à une représentation des "Gondoliers" de Gibert et Sullivan.
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J'avais dix ans, à peine plus peut-être ; depuis le deuxième balcon, je regardais, les yeux dilatés de bonheur, ce décor de gloire et de pacotille qui reste à tout jamais pour moi celui du bonheur, de cette enfance antérieure et enfouie...

Retour

Retour tardif de Londres...
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Pas le temps de composer un billet. Mais dans une prochaine note, je vous parlerai de Hampstead Heath et Kenwwod,
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Hampton Court et des "Gondoliers" au Coliseum, en passant par le Strand,
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Knightsbridge, le Victoria and Albert Museum, de la National Gallery, sans oublier la mer de jonquilles de Green Parc ou la cérémonie du thé chez Fortnum and Mason...
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Promis, vous saurez TOUT et aurez en quelque sorte l'impression d'être à Londres with me.

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