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vendredi, 23 février 2007
Pérégrinations
Silence pendant les prochains jours... Demain, dès dix heures, nous prendrons la route pour l'une des plus belles régions de France en passant par ici (un des plus beaux châteaux de France):

Nous passerons par là (une des plus belles villes de France) :

puis par ici (une des plus belles abbayes de France) :

et par là (une des plus belles cathédrales - romanes - de France):

avant de conclure par ici (une des plus belles abbayes cisterciennes de France) :

A bientôt !
18:15 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mercredi, 21 février 2007
Sentier
Je me promenais, nuitamment ce mardi, dans le quartier parisien du Sentier. Cela faisait des années que je n'avais plus traversé ce quartier dans lequel, il y a vingt ans, je passais assez fréquemment. Depuis, je ne faisais que l'effleurer au hasard de mes promenades.
Autant le jour, je me souviens de la folle animation de ce quartier de la grand-ville, dont mille enseignes et plus d'ateliers encore racontent la fébrilité, autant le soir il est calme, et comme assoupi... Au fil de mes pas, ce silence, cette quiétude, cette sorte d'éloignement sont entrés dans mon coeur ; je le sentis s'emplir d'une sorte de douce nostalgie en même temps que d'une forme de plaisir étrange à être là, seul et comme égaré, ailleurs.

Point n'est vraiment besoin d'aller loin pour être ailleurs ; on se trompe quelquefois en accumulant les kilomètres. Ce mardi, à quelques stations de métro de chez moi, sans même avoir eu besoin de changer de ligne, les rues de Cléry, Saint-Philippe et d'Aboukir me parurent au terme d'un gigantesque voyage. Le rythme des façade nous parle d'un Paris presque partout disparu et, des quelques fenêtres qui s'éclairaient de la vie des gens qui vivent là, on entendait parfois la rumeur de leur vie : musique, voix, bruits de repas pris en commun...
Parcourant ce réseau de rues et de ruelles au hasard, je débouchai rue d'Alexandrie. Une phrase alors me revint en mémoire, à laquelle je n'avais pas songé depuis des années, des années, des années. J'écrivis un jour un court roman resté impublié, comme tout ce que j'ai écrit. J'en ai oublié jusqu'au titre. Seule la première phrase, je ne sais pourquoi, est encore présente à ma mémoire : "L'Orient n'est pas rue d'Alexandrie."

Ce mardi, voyageur de hasard marchant de nuit dans le Sentier, c'est un pays nouveau que je visitais, mi Orient, mi Occident, Sud incertain dans une ville à mi chemin et du Nord et du Sud, un pays de vacarme et de silence, industrieux et paresseux, à l'image d'une ville et d'un pays que j'aime de plus en plus et dont je vois de mieux en mieux les failles et les forces.
00:00 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 18 février 2007
"Justice"



23:25 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
jeudi, 15 février 2007
Poussin
Une fois n'est pas coutume, je me contente aujourd'hui de recopier un article récent paru dans Libération (9 février 2007) sous le titre "Qui veut financer la Fuite en Egypte de Poussin?" (auteur Vincent NOCE) :

Cherche 10 millions d'euros pour chef-d'oeuvre. Le musée des Beaux-Arts de Lyon veut acheter la Fuite en Egypte, une des plus belles découvertes de l'oeuvre de Poussin ces vingt dernières années. Considéré comme un trésor national, le tableau a été temporairement interdit d'exportation. Il reste une année au musée pour boucler son achat. C'est la plus importante opération de mécénat jamais lancée en France.
22:00 Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
mercredi, 14 février 2007
Granny Smith
Ce mercredi soir, concert à la Cité de la musique : English Baroque Soloists et Monteverdi Choir sous la direction magistrale de Sir John Eliot Gardiner, magnifique dans sa veste de velours noir, fermée de brandebourgs, d'où sortaient les manchettes vert pomme (variété Granny Smith) de sa chemise... Un Anglais comme on les adore !

Après une première partie Couperin et Rameau, motet et In Convertendo, aux interprétations aiguisées comme un diamant, l'on nous donna le Requiem d'André Campra, que je ne connaissais que dans sa version disque de Philippe Herreweghe.
Que dire de cette oeuvre et de l'interprétation de Sir John Eliot qui ne paraisse pas trop laudatif ? Tout y était : la finesse des contours d'orchestre, la plénitude des choeurs, le raffinement des voix solistes, la qualité des attaques et la douceur nette des arrêts, le ouaté des silences. Dans l'introduction, lorsque les trois voix d'hommes, haute-contre, ténor et basse, reprennent le Requiem in pace, je n'ai pu m'empêcher de sentir sourdre à mes yeux une larme d'émotion... Mon Dieu ! comment rester insensible à pareille prière ?...

Tout s'enchaîna avec cette aisance qui résulte d'un long travail préparatoire : pas un accroc dans cette merveilleuse broderie de cordes, de vents et de voix. Lorsqu'enfin tout s'apaisa, John Eliot Gardiner, maintenant maître du chant autant que du silence, des musiciens autant que du public, fit durer, bras levés, mains ouvertes, paumes au ciel, un long si long si beau si lent silence, cet absolu silence valant toute musique.
23:50 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 13 février 2007
Gloria
L'année de mes quinze ans, qui fut aussi celle de ma classe de seconde, un mien ami qui l'est resté depuis lors m'entraîna dans une chorale dont il était membre depuis peu. Nous venions à peine de muer, nous étions ténors, et j'imagine mal aujourd'hui, moi qui n'avais jamais appris à chanter, qui savais tout juste déchiffrer une partition, ce que pouvaient donner mes prestations...

Quoi qu'il en soit, on m'accepta dans la chorale dont le programme, cette année-là, comprenait le Gloria de Vivaldi et un étonnant Kyrie de Franz Liszt.
Je ne savais point mon latin, ayant choisi le grec au collège et, n'ayant pas été instruit dans la religion, comme on dit, les méandres du culte m'étaient pour le moins obscurs. Mais la divine providence veillait sur moi et, au sein de cette chorale, pourtant bien laïque (mous chantions aussi des chansons bachiques et autres airs profanes), je découvris plusieurs sortes de grâce...

La première fut de chanter en groupe, plaisir qui m'était alors inconnu et qui m'emplit, les trois années qu'il dura, d'une félicité bien réelle et profonde. J'étais sans doute un des plus jeunes de la chorale, mais enfin les hommes n'y étaient pas si nombreux et les ténors moins encore. On m'accueillit sans barguigner. Sans doute, devais-je chanter "à l'oreillle", plus souvent qu'à mon tour, et je ne suis pas certain d'avoir toujours et parfaitement respecté les nuances de toutes les partitions, mais quant au Gloria, je prenais cette oeuvre comme une succession de chansons faciles à mémoriser et aujourd'hui encore, plusieurs fois par semaines, voire par jour, je me prends à en fredonner à ma façon tel ou tel air (Propter magnam gloriam, Cum sancto spiritu...).
La deuxième fut de découvrir tout un univers qui m'était étranger : celui de la musique qui se mélangea à celui de la liturgie, ou du moins des grands textes du culte. Le Requiem de Mozart me fit découvrir le Dies irae, une messe de Schubert le Credo, Liszt, déjà cité, le Kyrie eleison.

Cette période est encore bien vivante en moi et sa permanence m'émerveille. Je sens qu'à ma dernière heure, lorsque j'aurai tout oublié, c'est elle que je me rappellerai et j'aimerais que le dernier air que j'entendrai sur cette terre soit le Gloria de Vivaldi, Et in terra pax hominibus bonae voluntatis...
21:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 11 février 2007
Maisons

Le 19 février 1902, André Hallays écrivait :
"La destruction de Maisons est chose décidée. Le domaine vient de tomber entre les mains d'un marchand de terrains. Celui-ci a l'intention de lotir ce qui reste du parc. Quant au château, on arrachera d'abord des murailles les magnifiques cheminées et les incomparables sculptures qui les décorent ; on les vendra ; puis on rasera la construction. Les débris serviront à combler les fossés, et, sur le sol nivelé, on bâtira des bicoques de villégiature.

(...) Il est intolérable de penser qu'ne des plus belles résidences de la vieille France, située aux portes de Paris, va être stupidement démolie, dans un temps où les conservateurs de nos musées trouvent l'argent nécessaire pour acheter des curiosités archéologiques et des bibelots exotiques !

(...) Quand on parcourt les appartements déserts de la vieille demeure, maintenant vouée à la démolition, le coeur se serre, et l'on se demande avec colère comment pareil vandalisme est encore possible dans une époque où tout le monde, jusqu'au dernier des politiciens, parle d'art et de beauté !"

La campagne de presse à laquelle Hallays a participé finira par porter ses fruits, puis l'Etat rachétera le château de Maisons-laffitte en 1905. Habilement restauré, même si ses façades mériteraient aujourd'hui un nouveau nettoyage, le château de Maisons, dans son parc démembré, demeure un merveilleux exemple d'équilibre et de grâce... Un chef d'oeuvre ? peut-être...
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PS : pendant la visite, cette après-midi, le vent soufflait tout autour du vieux château ; on l'entendait gémir et hurler, comme un affamé qui veut pénétrer dans une riche demeure, où il est certain de trouver un gîte. Quelques lambeaux de ce vent d'ouest parvenaient à se glisser par les fenêtres disjointes de certaines pièces. J'ai adoré ce moment, si vrai, ces instants qui nous rappellent combien la terre, le ciel sont vivants autour de nous. Averses et tempête : quel beau dimanche !
18:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 08 février 2007
Mémoires

23:45 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mercredi, 07 février 2007
Imitateurs
Mon âge dorénavant avancé me permet d'avoir connu - et de me souvenir - des débuts télévisés de Thierry Le Luron (j'en profite pour signaler que je me souviens également de la première prestation de Coluche à la télévision, alors que j'étais en classe de 3ème... ce qui ne nous rajeunit pas). Pour en revenir à Thierry Le Luron, dont le premier titre de gloire fut d'imiter parfaitement Jacques Chaban-Delmas, alors premier ministre, je me souviens en avoir immédiatement apprécié le talent.
Rapidement, il élargit notablement son répertoire, et sans jamais être allé assister à l'un de ses spectacles, j'ai toujours été fasciné par l'étendue de son registre, souvent si iconoclaste (je citerai le "Bonsoir Mes diams, Bonsoir Mesdemoiselles, Bonsoir Messieurs" dit avec la voix du Président Giscard d'Estaing). Puis vint le tour, sans concession, de François Mitterrand.

Entre temps, d'autres imitateurs étaient apparus sur la scène, dont la plupart sont oubliés (me reviennent en mémoire Pierre Douglas, dans la catégorie de l'imitateur d'une seule personne, à savoir le regretté Georges Marchais, et Yves Lecoq...), mais nul n'est jamais arrivé à la cheville de Thierry Le Luron, en talent, en audace, en registre.

Plus récemment, Laurent Gerra a fait son entrée dans la carrière. Sans doute est-il lui-même en deçà de son illustre prédecesseur, mais il a un côté audacieux, provocateur (ses imitations de Jean-Paul II étaient à la fois hilarantes et cruelles), bon enfant, qui me plaît.

Depuis que j'ai découvert qu'il animait, durant la campagne électorale présidentielle, une courte chronique satirique intitulée "Le Grand Juron", sur RTL (tous les soirs du lundi au vendredi à 18 h 30 ou, à écouter sur le site internet de cette station ), je n'ai pas manqué un seul rendez-vous (le plus souvent tardivement, grâce à internet, providence des gens occupés...).
Jack Lang, Valéry Giscard d'Estaing (une des meilleures imitations !), Nicolas Sarkozy, Jean-Claude Brialy, Johnny Hallyday, même François Bayrou (c'est dire ma tolérance avec les humoristes...) sont tour à tour épinglés. Le tout est inégal, certes, mais les perles sont nombreuses, et je prends un vif plaisir à écouter ces facéties, qui nous rappellent que l'on doit avoir le droit, toujours et partout, de se moquer de tous et de tout, surtout du pouvoir et des puissants.
22:30 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
lundi, 05 février 2007
Cube
21:00 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note