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samedi, 29 septembre 2007

Concert

Ce samedi 29 septembre 2007 : Cité de la Musique - La Chambre philarmonique, dirigée par Emmanuel Krivine - Beethoven : Ouverture d'Egmont, concerto pour violon (sol.: Viktoria Mullova), troisième symphonie.

Je connais ces trois oeuvres par coeur, comme on dit, pour les avoir écoutées, chacune, des centaines de fois au cours, mettons, des trente dernières années. Je peux vraiment les chantonner, de mémoire, dans ma salle de bains, dans la rue, partout. Et pourtant, chaque fois que je les écoute, quelle que soit la version, le miracle se reproduit. Ce miracle est un charme : jamais, je dis bien jamais je ne m'ennuie en écoutant les oeuvres symphoniques de Beethoven et même si, au fil des ans, le spectre de mes goûts ne cesse de s'élargir, c'est bien Beethoven qui demeure dans mon coeur à une place privilégiée, parce que lorsque j'avais seize ans, un jour de mars, j'ai acheté à Heidelberg le coffret de ses neuf symphonies dirigées par Otto Klemperer, et que mon adolescence fut, entre autres, bercée de leur chant indomptable, courageux, conquérant et ardent et que j'y puisai des forces pour affronter la vie.

Samedi, Emmanuel Krivine, humble comme un jeune sexagénaire enfin débarrassé du souci de paraître, en a proposé une lecture très roborative, loin des grandes messes auxquelles pendant près de deux siècles, Beethoven fut condamné. Sans fioritures, âprement, presque sèchement, il en a fait des chants de gloire et de douleur (je pense aux majestueux accords initiaux d'Egmont), mais aussi des danses (le beau finale de la troisième) et des cris, tantôt joyeux tantôt agacés (Viktoria Mullova dans le concerto).

Une fois que l'oreille s'est faite à ces sonorités sèches (les coups d'archet brusquement arrêtés de Viktoria Mullova), sans écho, comme désencombrées de toute envie de faire "comme si", soucieuses simplement de donner la note, aussi pure que possible, elle se prend à aimer cette absence d'effets, à y chercher de nouveaux plaisirs, à retrouver la partition dans sa vigueur première.

Au final, ce n'étaient sans doute pas les meilleures interprétations de ces oeuvres que j'aie entendues, mais parmi les plus intéressantes...

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